27 Mars 2007
 
Conférences et Séminaires:
7ème conférence mondiale du jeune lecteur

Avec un nombre sans cesse croissant de canaux de médias, d'information, d'éducation et de loisirs qui se disputent tous l'attention et le temps libre des jeunes, les journaux doivent continuellement se réinvener et réexaminer leurs approches et leurs stratégies traditionnelles pour intéresser les jeunes lecteurs. La 7ème Conférence mondiale du jeune lecteur explorera toute la palette des nouvelles stratégies et tactiques que les journaux doivent adopter pour réussir à dialoguer avec une génération de plus en plus habituée à satisfaire ses besoins en information selon ses propres termes à travers des méthodes et des moyens non-traditionnels.


Les sessions exploreront : 

- Un nouvel effort international de l'AMJ en matière de recherche portant sur ce aue nous savons et ce que nous devons savoir concernant la façon dont les journaux peuvent se connecter efficacement aux jeunes.
- Les derniers moyens de découvrir les projets NIE en utilisant ce qui se fait de mieux dans le monde entier.
- Des stratégies novatrices basées sur les meilleures pratiques éditoriales pour stimuler et encourager la lecture des journaux chez les jeunes et contribuer à renforcer leur intérêt vis-à-vis de l'information et de son importance dans leur vie quotidienne.
- Qui a créé les meilleures connexions avec les jeunes et pourquoi: les leçons à tirer des journaux qui affichent un excellent bilan de réussite dans la création des relations avec les jeunes.
- Ce que les journaux doivent accepter ou comprendre pour être préparés à les tirer parti des derniers moyens et méthodes technologiques d'interaction et d'information des jeunes.

Conférence et exposition internationales des jeunes lecteurs 2007
« Créer de nouveaux liens »

Hôtel Capital Hilton, Washington, DC, États-Unis.  
Lundi 26 mars - Mercredi 28 mars 2007

400 participants de 74 pays

L'AMJ a élargi son service de presse de conférence de manière à pouvoir mettre à disposition des synthèses des interventions des conférenciers à l'usage de ses membres. Vous trouverez ci-dessous les résumés des sessions du lundi.
Pour une liste des participants et de plus amples informations, consultez la page web http://www.wan-press.org/washington


Sessions du lundi matin

Les jeunes lecteurs sont importants pour l'avenir
John Sturm, président et PDG de l'Association des journaux d'Amérique

Selon M. Sturm, la quête de jeunes lecteurs par la presse écrite est vitale pour son avenir : « Et je parle ici de quelque chose de plus important que le succès d'un secteur industriel ».

« Si nous perdons les jeunes lecteurs de presse, nous perdons alors toute une génération de lecteurs. Si cela se produisait, le moteur essentiel de l'information et de l'actualité mondiale ne s'en remettrait pas » explique-t-il.

L'exposé de M. Sturm soulignait l'importance de la recherche et de la formation des jeunes lecteurs et celle des journaux, quel que soit le support, électronique ou papier, utilisé pour communiquer l'information.
« Alors que les moyens de diffusion des informations, des nouvelles et des opinions subissent une révolution, la création de contenus reste le propre des salles de rédaction du monde entier » ajoute-t-il. « Dans ces salles de rédaction, se trouvent l'expérience, l'expertise, l'engagement et la profondeur qui alimentent le flux des nouvelles et de perspectives sans parti pris, précis, et toujours plus courageux, sur lesquels reposent les sociétés équilibrées.

« À l'heure où tout le monde peut toucher un large public sans prêter une attention particulière à la qualité, aux motivations ou même à la véracité des faits, la fonction de collecte et de traitement des informations de la presse écrite n'a jamais été aussi primordiale» poursuit-il. 

La lecture des journaux améliore les performances des étudiants
Bo Jones, éditeur du Washington Post et président de l'Association des journaux d'Amérique
Lors de son exposé, M. Jones s'est penché sur les recherches récentes menées à la demande de l'Association des journaux d'Amérique sur l'impact des programmes destinés aux jeunes lecteurs.

On y retrouve :

- Une étude fédérale menée par l'Université du Minnesota visant à comparer à l'aide de tests standardisés les performances des étudiants utilisant la presse écrite en classe comme outil pédagogique d'enseignement à celles de ceux qui n'y font pas appel. Les étudiants recourant à la presse écrite en classe obtiennent de meilleurs résultats et l'amélioration des performances est d'autant plus grande que la presse est d'autant plus utilisée.

- Une étude prouve que les deux tiers des adultes se souvenant avoir utilisé la presse écrite en classe continuent à lire les journaux une fois adulte.

« Ce résultat a permis de rappeler aux directeurs l'importance des programmes NIE (Semaine de la presse et des médias dans l'école) pour le développement de leur lectorat. En cette ère où il est primordial de maîtriser les coûts, ces résultats précis démontrant les retours à long terme de ces investissements acquièrent une valeur particulière » poursuit M. Jones.

- Une étude menée l'an dernier révèle un plus fort taux de lecteurs chez les étudiants qui lisent des articles spécifiquement écrits pour eux par leurs pairs et abordant des sujets spécifiques à leur âge.

« Il est trop tôt encore pour déterminer l'impact que ces recherches auront sur le contenu éditorial de la presse écrite » indique M. Jones. « Au Washington Post, par exemple, les rédacteurs veulent attirer les adolescents avec des contenus pertinents mais sans adopter une attitude paternaliste.   Pas plus qu'ils ne veulent apporter des changements radicaux qui pourraient détourner leur important lectorat de base, fidèle et plus âgé.  Ils ont remarqué que les lecteurs de tout âge veulent des contenus plus intéressants et utiles, une meilleure navigation et un habillage visuel plus attrayant.

« Ce qu'il faut retenir ici, c'est que les recherches menées à ce jour ont permis d'approfondir le niveau de compréhension tout en laissant de nombreuses questions ouvertes à l'exploration. »

Nouveaux guides pour le programme Newspapers in Education (Semaine de la presse et des médias dans l'école)
Aralynn McMane, directrice du programme Young Readership Development (Programme de développement des jeunes lectorats) de l'Association mondiale des journaux

« Si vous considérez le programme NIE comme le dépotoir de vos invendus, ses résultats en subiront les conséquences. »

Le Dr McMane fut chaleureusement applaudie à la suite de cette déclaration, avant de poursuivre et de mettre en lumière le besoin d'un contenu de qualité pour aider les enseignants et la presse écrite à mettre en oeuvre de meilleurs programmes NIE.

« Comme nous le savons depuis quelques temps, les journaux doivent considérer le programme NIE avec un certain sérieux et créer des programmes de qualité s'ils veulent profiter des bénéfices que peuvent leur procurer de tels programmes » a-t-elle déclaré.

À cette fin, Mme McMane a annoncé la publication de trois nouveaux guides « pour aider à la création de programmes NIE de qualité qui renforceront la communauté tout en développant un nouveau lectorat. »

« Lire et apprendre », une série novatrice qui cible la diversité, élément central du programme NIE, et qui comprend des guides pour les responsables de presse, les coordinateurs des programmes NIE et les enseignants. Les guides, publiés en anglais et en espagnol, sont disponibles sur simple demande auprès de nie@wan.asso.fr.

L'AMJ propose également aux journaux du monde entier une série originale, The Monkey King, à publier dans le cadre de la Journée internationale de l'alphabétisation, le 8 septembre 2007. Offert en partenariat avec Breakfast Serials Inc, ce feuilleton de 17 chapitres accompagnés d'illustrations et d'un guide pédagogique, fera l'objet d'une publication.

« Nous savons depuis un certain temps que le lien parent-enfant joue un rôle incomparable dans le développement d'une nouvelle génération de lecteurs de presse et qu'il est de plus en plus difficile à établir», explique Mme McMane. « Nous savons également qu'un telle activité, si elle est régulière, n'exige pas une implication plus grande par rapport à tout autre activité proposée par le parent à l'enfant. Le feuilleton est un outil ayant fait ses preuves pour permettre cette première connexion. »

S'engager envers les jeunes lecteurs
Paul Stensaas, directeur des relations publiques, Norske Skog, Norvège

« La presse écrite possède des avantages qu'aucun autre media ne peut égaler », déclarait M. Stensaas lors de son exposé.

« Son utilité est évidente et vous n'avez pas à faire votre propre sélection. On vous la propose chaque jour, attendue et inattendue.  La lecture de la presse écrite fait partie intégrante d'une vie équilibrée », ajoute-t-il. 
M. Stensaas a ensuite expliqué pourquoi Norske Skog, partenaire de l'Association mondiale des journaux dans le Programme de développement du jeune lectorat, s'est engagé à soutenir les initiatives tournées vers ce jeune public.

« D'un point de vue social, nous voulons contribuer au développement de l'apprentissage de la lecture chez les enfants et les jeunes pour les aider à adopter un esprit critique vis-à-vis de leurs lectures et ainsi contribuer à la formation de citoyens éduqués. Ils contribueront ainsi au progrès social équitable et démocratique dans le monde entier, quel que soit le continent et quel que soit le pays » explique-t-il.

« Quant à Norske Skog, en sa qualité de société cotée en bourse et redevable devant ses actionnaires qui veulent que leur argent se fructifie, les programmes de développement du jeune lectorat et NIE représentent un moyen primordial d'atteindre nos cibles » poursuit-il. « Ils nous aident à assurer un meilleur avenir à la presse écrite et au magazine que nous produisons. Les jeunes lecteurs représentent l'avenir de Norske Skog et de ses éditeurs. Nous sommes tous dans le même bateau. Ensemble, il nous faut naviguer de sorte à attirer de nouvelles générations de lecteurs à bord. »

Bien que de nombreux observateurs aient prédit la mort de la presse écrite, « les lecteurs ont su voir clair à travers de tels pronostics » indique M. Stensaas, qui ajoute que plus de 1,4 milliard de personnes lisent un quotidien chaque jour et que la diffusion globale de la presse écrite est en augmentation.
 
Ces statistiques confirment le pronostic que la presse écrite est en pleine expansion.  Les réalisations du Programme pour le jeune lectorat peuvent décemment revendiquer leur contribution à ce succès.  Nous oeuvrons à long terme et sommes enthousiasmés par nos résultats » confirme-t-il.
 
Parler le langage des jeunes
Anne Kirah, directrice, 180° Academy, Danemark

Il existe aujourd'hui un large fossé générationnel entre les « générations numériques », celles des jeunes nés à l'ère numérique, et les « générations d'immigrants du numérique », celles de ceux qui se souviennent encore du monde analogique.

Les immigrants du numérique sont généralement ceux qui prennent aujourd'hui les décisions et ils ne comprennent pas les besoins et les aspirations des générations numériques. Cela a de grandes implications pour les journaux qui essaient de capter l'attention des jeunes explique Mme Kirah, anthropologue culturel et ancienne conseillère en design chez Microsoft.

« L'innovation commence dès qu'on enlève nos oeillères dans nos propres entreprises et que l'on pense aux aspirations et motivations des gens dans leur vie au quotidien ainsi que dans les moments extraordinaires » ajoute Mme Kirah. « Nous devons nous exprimer dans la même langue et la même culture que le public pour lequel nous nous montrons innovant et dans ce cas, il s'agit de la jeunesse. »

Dans son intervention, qui portrait sur de nombreux sujets, Mme Kirah a offert certains conseils sur les manières de découvrir et de travailler avec des publics jeunes. On y retrouve les conseils suivants :

- Concentrer la recherche sur les personnes. « Observez les gens, apprenez à les connaître, regardez autour de vous, ouvrez les yeux » explique-t-elle. « Observez l'ensemble de leur vie, observez les gens dans les activités qui les définissent et qui ont un sens pour eux. »

- Modifier la culture d'entreprise pour passer d'une approche technocentrique à une approche centrée sur les personnes.  « Les entreprises doivent modifier leur culture pour faire une place aux jeunes de la révolution technique » déclare-t-elle. « Les gens ont plus de pouvoir que par le passé.  Ils veulent être intégrés au processus de conception et vous le constatez vous-mêmes dans leur désir de générer des contenus et lorsqu'ils réclament de l'interactivité. »

Mme Kirah résume ainsi son approche : « Allez au devant du changement et apprenez à voir les choses avec de nouvelles lunettes, observez les gens dans leur vie quotidienne pour construire ensemble, soyez humbles et pratiquez l'humilité, et prenez des risques. »

« Nous devons comprendre ce nouveau monde si nous voulons créer des journaux qui soient pertinents pour la jeunesse d'aujourd'hui et les adultes de demain » insiste-t-elle.
« C'est une question de perspective, la leur et non pas la nôtre. »

Comprendre le code : Que veulent lire les jeunes lecteurs ?
Robert Barnard, fondateur et partenaire, D-Code, Canada

Dans le cadre d'une étude mondiale de l'Association Mondiale des Journaux, M. Barnard et D-Code ont analysé 60 études menées sur les jeunes lecteurs et ont mené leur propre enquête sur ce que la jeunesse attend des médias avec des panels de 10 jeunes de 14 à 25 ans dans 10 pays différents.

Leurs résultats ébranlent les visions généralement admises quant au comportement de la jeunesse.

Les jeunes participants en provenance des États-Unis, de Grande-Bretagne, d'Espagne, de Suède, de Serbie, du Liban, d'Afrique du Sud, de Colombie, des Philippines et du Japon ont tenu un journal quotidien, participé à des entretiens avec les chercheurs et pris part à un dialogue en ligne auquel étaient conviés tous les participants. Voici quelques-unes des découvertes des chercheurs :

- Les parents ont une influence sans précédent sur leurs enfants et leur habitude ou pas de lire un quotidien. L'analyse des 60 études précédentes semble indiquer que les parents, les enseignants et les amis ont une influence identique.

- Les journaux gratuits ne privent aucun titre payant de son lectorat jeune. « Ils semblent attiser la curiosité en faveur de l'information et inspirer les jeunes à aller plus loin dans les sujets abordés » explique M. Barnard.

- La confiance dans la presse écrite n'est pas en déclin chez les jeunes lecteurs. « Le format du quotidien est toujours source de confiance, ce qui semble plutôt être en déclin, c'est la confiance dans les informations en général » poursuit-il.

- Les jeunes ont un rituel informatif très traditionnel.  « Alors que nous pensions qu'ils ne dépendraient d'aucun rituel du fait de leur style de vie frénétique, nous avons découvert le contraire : ils achètent un quotidien le matin, ouvrent une session en ligne dans la journée, achètent éventuellement un journal l'après-midi et regardent la télévision le soir. »

- En matière de concurrence entre les sources d'information, la télévision reste le principal concurrent, même si Internet gagne rapidement du terrain.

- Les contenus pour la jeunesse doivent être différents de ceux destinés aux adultes.  Les jeunes veulent se retrouver dans le coeur du journal et non pas ghettoïsés ou flattés par d'autres formules. « Ils considèrent la section Jeunesse comme destinée à un groupe d'âge plus jeune » conclue M. Barnard.

Pour plus d'informations sur le déroulement d'une étude Média Jeunes DNA dans votre pays, veuillez contacter Aralynn McMane (amcmane@wan.asso.fr) ou Robert Barnard (robert@d-code.com).

La consommation médiatique des enfants : Une division économique
Roxana Morduchowicz, directrice de Media Education auprès du gouvernement argentin

Cela ne surprendra personne : les habitudes de consommation de médias dépendent des revenus.  Mais il existe quelques éléments qui transcendent la richesse. Les enfants de familles aisées possèdent souvent une chambre dotée d'ordinateurs, de téléphones, de jeux vidéo, et les enfants pauvres regardent probablement beaucoup la télévision mais s'ils ont le choix, ils laissent tous tomber leurs jouets à la première occasion pour sortir avec leurs amis.

C'est une des révélations d'une enquête sur les habitudes de consommation de médias chez les 11-17 ans en Argentine. À la question « Quel est l'ingrédient principal d'une bonne journée ? », les deux tiers des réponses sont : « sortir entre amis », avec un pourcentage bien plus élevé que pour toute autre activité.

D'autres révélations :

- Le temps moyen passé à consulter les médias s'élève à six heures par jour.
- L'accès joue un rôle important dans les habitudes de consommation et est influencé par le statut économique. Trois quarts des familles à hauts revenus possèdent un ordinateur, tandis que seule une famille sur 10 en possède dans les familles à bas revenus qui ont participé à l'enquête.

- La télévision et la radio représentent les médias les plus démocratiques où aucune différence sociale ne s'applique.

- Six enfants sur dix, dans les classes aisées, détesteraient perdre leur ordinateur plus que tout autre chose, tandis que huit enfants sur dix dans les classes moyennes détesteraient perdre leur télévision. Il n'est pas surprenant que le média le plus utilisé soit celui qu'ils détesteraient le plus perdre.

- Le chat en ligne (65 %) et les jeux (55 %) représentent les activités numériques les plus fréquentes. La moitié des personnes ayant répondu utilise un ordinateur pour rechercher des informations, 45 % pour le courrier électronique et le téléchargement de musique, 40 % pour les devoirs à la maison et 5 % pour télécharger des films.

« Tout ce qui retient mon attention »
Michael Smith, directeur général, Media Management Center and Readership Institute, États-Unis

Demandez à un adolescent ce qu'il consulte dans les actualités et il vous dira « tout ce qui retient mon attention ».

« Nous pensons qu'il y a des implications et des possibilités énormes pour les journaux dans cette déclaration » explique M. Smith, qui présente une nouvelle étude sur les adolescents dans laquelle « tout ce qui retient mon attention » était la description choisie par les participants pour expliquer ce qui les faisait cliquer sur un lien vers une information en ligne.

« Les adolescents sont des picoreurs, ils ne vont nulle part précisément pour y chercher de l'actualité mais si quelque chose retient leur attention, ils iront voir de quoi il en retourne » explique M. Smith. « Ils accordent beaucoup d'importance à ce que les journaux chérissent : l'importance des heureux hasards, de la lecture d'actualités dont nous ne connaissons pas l'intérêt avant de les rencontrer. »

« Pour le moment, les grands portails répondent à ce besoin, pas les journaux » explique-t-il.

M. Smith a présenté les résultats liminaires d'une enquête faite au centre Media Management Center sur 65 adolescents, où ils ont participé à des groupes de discussion et des entretiens et se sont laissé observer dans leur usage d'Internet.

Un des résultats les plus importants qui émerge de l'étude montre que leurs sites d'actualités préférés sont ceux qui présentent tout sur une page : chose que les portails et les agrégateurs d'actualités font mieux que les journaux poursuit M. Smith. Mais il considère que les journaux peuvent les concurrencer en matière de jeune lectorat.

« Nous pensons que toute stratégie destinée à toucher un jeune public doit être bâtie autour de stratégies d'agrégation, chose que certains journaux américains ont commencé à faire » poursuit-il. « Nous vous suggérons de reprendre la devise « Tout ce qui retient mon attention » à votre compte et d'en faire le coeur de toute stratégie d'approche des publics jeunes. »

La musique, le sport, les célébrités, les photos et les vidéos, l'humour et les sujets spécifiques représentent tout ce qui capte l'attention des jeunes ajoute-t-il.  « Les journaux proposent déjà ce que les adolescents considèrent comme important : un ensemble pratique d'informations pour tous, en un seul endroit, avec une présélection faite par quelqu'un d'autre. « Mais ils veulent trouver cela en ligne » explique M. Smith.

Sessions du lundi après-midi

Recette de la réussite : Contenu et interactivité
Deepti Mehra, directeur du NIE, The Times of India

Vous voulez remporter le prix international du lectorat jeune ? Appliquez simplement la formule proposée par Mme Mehra, dont le programme a remporté le prix international du jeune lectorat de l'année et le prix du jeune lectorat dans la catégorie enseignement.

Un petit avertissement cependant : c'est une recette compliquée parce qu'il n'est pas facile de toucher un public jeune.  Mme Mehra a amplement évoqué 14 éditoriaux et catégories de contenus différents et 15 événements et initiatives interactives visant à encourager les jeunes à participer à un journal conçu spécifiquement pour eux.

« Je dois avouer que la réussite n'est pas une chose facile à atteindre, en fait, la seule chose qui nous pousse est la conviction que nous devons proposer des actualités de qualité à nos enfants » explique-t-elle.

L'édition scolaire de The Times of India, qui touche plus de 2 000 écoles, utilise de manière intensive les études de marché pour déterminer ce que les étudiants attendent. Et ils attendent beaucoup : des actualités nationales et internationales, des informations éducatives, des pages « carrières », des débats sur des questions d'actualité brûlante, des pages santé et bien-être, technologie, sports, divertissement et bien d'autres choses encore. « En bref, un journal qui reflète les attitudes, l'état d'esprit et la vision du monde des jeunes Indiens » déclare Mme Mehra.

Les impliquer dans le journal grâce à l'interactivité et aux événements reste une priorité pour le Times. Voici quelques-unes des initiatives mises en place :

- Des programmes de reporter scolaire et d'envoyé spécial, dans lesquels plus de 4 000 étudiants s'impliquent, pour promouvoir les valeurs journalistiques et la conscience civique chez les jeunes gens.

- Des programmes de fidélisation du lectorat similaires aux programmes destinés aux adultes mais visant un public jeune, qui proposent des coupons cadeaux pour les restaurants, les voyages, les divertissements et certains produits.

- Des concours, des jeux, des quiz qui incitent les jeunes lecteurs à se connecter au journal.

- Des cahiers d'exercices et des séminaires destinés à encourager les enseignants et les directeurs à utiliser la presse en classe.

Les ados veulent plus que du simple divertissement
Toni Guagenti,  journaliste pour adolescents, The Virginian-Pilot, Norfolk, Virginie, États-Unis

Les lecteurs de presse adolescents veulent plus que du simple divertissement explique Mme Guagenti, responsable de « 757 », la section dédiée aux jeunes lecteurs du Virginian-Pilot qui a remporté le prix international du lectorat jeune dans la catégorie des chroniques cette année.

« Les contenus ne portent pas uniquement sur la mode, les stars ou les devoirs scolaires » explique-t-elle. « Nous avons une gamme complète d'articles, depuis les jeunes adolescents de même sexe qui vont ensemble au bal de fin d'année sous les huées et quolibets jusqu'aux adolescents qui s'automutilent pour gérer physiquement leur douleur psychologique. »

Les adolescents sont aussi porteurs d'opinions fortes aussi avons-nous également innové en créant un comité de rédaction adolescent pour nous aider à attirer les jeunes lecteurs ajoute-t-elle. « En deux ans ou presque, les adolescents ont rédigé des dizaines de chroniques allant de sujets tels que le premier amendement (sur la liberté d'expression, de religion, de la presse) ou la nouvelle question en rédaction pour les tests SAT nécessaires pour l'admission à l'université » explique-t-elle.

Les initiatives pour attirer les jeunes lecteurs ne doivent pas nécessairement être compliquées mais elles doivent être novatrices poursuit-elle. Il faut, par exemple, essayer d'impliquer les jeunes dans tous les aspects du journal, pas seulement dans les chroniques.
« Nombreux sont les jeunes adultes aujourd'hui capables d'utiliser les programmes de conception web » déclare-t-elle. Ils sont nombreux à être créatifs et prêts à apprendre. En posant simplement la question autour de vous dans votre propre journal ou entreprise, vous découvrirez quelqu'un dont le fils ou la fille cherche à acquérir un peu d'expérience et qui pourrait vous aider à concevoir une page et certains de vos correspondants adolescents peuvent également vous aider à trouver quelqu'un. »

« Vous devez trouver des gens disposés à essayer de nouvelles choses, qui sont prêts à placer la barre haut et à changer une section pour le mieux, pas uniquement pour le contenu mais aussi pour son public cible et les manières de l'atteindre. »

Pas question d'en rire
Wendy Tribaldos, directrice NIE, La Prensa, Panama

Les journaux doivent se présenter tôt aux enfants mais toucher le public le plus jeune, les enfants de moins de huit ans, est une tâche difficile explique Mme Tribaldos, qui expose le programme qui a permis à son journal de remporter le prix international du lectorat jeune dans la catégorie Marque.

La Prensa a créé un cirque médiatique dans ses bureaux, avec des clowns, pour présenter sa marque et ses contenus aux enfants du CP et du CE1 dans une atmosphère amusante et joyeuse.

« La lecture doit être pensée comme une activité agréable dès le plus jeune âge et doit être présentée très tôt pour être transformée en habitude à long terme » explique Mme Tribaldos. « Il est essentiel de s'assurer la reconnaissance de la marque mais aussi de captiver les lecteurs de presse le plus tôt possible pour promouvoir finalement le lectorat adulte. »

Elle a expliqué dans sa présentation comment Aprendo, le journal du programme NIE de La Prensa, a développé un spectacle de 45 minutes à partir d'éléments journalistiques au sein d'activités appropriées à ce groupe d'âge : il y avait des marionnettes, de la magie, de la musique et des numéros de cirque.  Voici quelques éléments important de cet événement :

- Le spectacle ne part pas en tournée, il est présenté dans les locaux de La Prensa pour permettre de cimenter la marque tout en tissant des liens étroits avec la communauté.

- Le spectacle comporte des éléments interactifs pour permettre aux enfants de faire le lien avec le contenu du journal et la fabrication des journaux, notamment la collecte des informations par les journalistes et le fonctionnement d'une imprimerie.

- Il démontre que la lecture est une activité amusante et que le journal est un média important pour lire en s'amusant. Un livre de souvenirs est offert pour permettre aux enfants de s'entraîner à la lecture de concepts clé à partir des contenus éditoriaux de la Prensa et d'Aprendo.

Pour déterminer si le programme est une réussite, le journal collecte et analyse des données statistiques sur les enfants de 8 à 17 ans pour suivre leurs habitudes de lecture.
« Le spectacle a été considéré comme une telle réussite que le comité directeur de La Prensa a décidé d'en faire un élément permanent d'Aprendo » déclare Mme Tribaldos.

Les 25 meilleures idées pour les jeunes lecteurs à travers le monde
Tommaso Prennushi, président de TP&A Associates en Espagne et George Kelly, directeur principal de projet chez CMC International en Grande-Bretagne 

En leur qualité de juges pour le prix international du lectorat jeune de l'Association Mondiale des Journaux, MM. Prennushi et Kelly ont examiné de nombreuses bonnes idées pour le lectorat des jeunes. Ils ont partagé 25 de ces bonnes idées avec les participants de la conférence.

« Les programmes pour les jeunes lecteurs deviennent de plus en plus sophistiqués et il ne s'agit plus de contenus et d'espaces publicitaires, il s'agit d'organiser des événements et de créer des programmes solides et puissants pour attirer et fidéliser les jeunes lecteurs » explique M. Prennushi.

Voici quelques-unes des idées présentées lors de leur incursion mondiale dans le lectorat jeune :

- Popcorn, le supplément NIE du journal Lianhe Zabao de Singapour, a créé une chanson populaire à partir du nom du supplément du journal et lancé un concours demandant aux jeunes gens de la chanter et de l'enregistrer pour la présenter sur scène en concert dans plus de 20 établissements scolaires. La diffusion du supplément est passée de 30 000 à 46 000 exemplaires en deux ans.

- En Croatie, 24 Sata a créé un hymne hip hop pour la Coupe du monde de football et l'a distribué avec le journal. La chanson fut si populaire qu'elle fut adoptée comme hymne officiel de l'équipe nationale de Croatie. Le lectorat des jeunes de 15 à 24 ans est passé de 15 à 25 % de part des lecteurs du journal en un an.

Grâce à son programme « J'aime les livres », Vanguardia, au Mexique, invita ses lecteurs de 4 à 7 ans à des séances de lecture de contes. Pour les 8 à 12 ans, le journal offrait des prix pour récompenser la lecture des livres suggérés. 2 000 enfants ont participé au programme : un résultat spectaculaire pour un journal dont la diffusion quotidienne atteint les 24 000 exemplaires.

- En Géorgie, Gazeti Bolnisi a publié le premier chapitre d'un roman et invité les lecteurs à écrire le suivant pour publication chaque semaine par la suite. Quatre-vingt pour cent des participants avaient moins de 25 ans.

- En Norvège, VG décida de laisser participer ses lecteurs en leur offrant des blogs et des forums. Les lecteurs ont répondu en ouvrant 13 000 blogs et en déposant 11 000 messages dans les forums.

- En Russie, Vedomosti, journal d'affaires, a créé un gratuit « allégé » pour les étudiants de l'université afin de leur faire connaître le journal complet. 20 000 exemplaires ont été distribués dans les établissements scolaires chaque mois et c'est devenu un des principaux supports publicitaires avec 30 % de son contenu dévolus aux publicités.

- En Finlande, Aamulehti a offert des jobs d'été rémunérés aux adolescents au sein du journal et dans ses entreprises partenaires ainsi que des aides à la rédaction de demandes d'emploi et de CV.

- En Ouganda, New Vision a offert des suppléments spéciaux pour différents groupes d'âge afin de les aider à réussir leurs examens scolaires. Le journal a enregistré une hausse de 10 % de sa diffusion durant la période des examens.

- En Allemagne, Siegener Zeitung a mis en place un auditorium public temporaire dans un centre commercial en partenariat avec l'université locale et y a organisé des séances de découvertes scientifiques pour les enfants.

- Aux États-Unis, le Trenton Republican a demandé aux enseignants de la communauté de devenir des « ambassadeurs » du journal, leur offrant des séminaires universitaires de trois jours pour apprendre à utiliser son journal en classe. De ce fait, le journal a été utilisé dans 65 % des classes de la communauté.

Pour plus d'informations sur la participation au prix international du lectorat jeune de 2007, rendez-vous sur la page : http://www.wan-press.org/nie/wyrp.php

Pour plus d'informations :  http://www.wan-press.org/nie/confs.php?id=18