16 Mars 2007
 
Liberté de la Presse:
Un Prix pour le blogueur égyptien emprisonné

Je dirais à Al-Azhar, à son université et à ses professeurs et prêcheurs qui s'élèvent contre toute personne qui pense différemment d'eux : 'vous êtes destinés aux oubliettes de l'histoire, où personne ne vous pleurera et où votre régime se terminera comme tant d'autres'. L'auteur de ces mots, Abdel Karim Suleiman, un jeune blogueur Égyptien de 22 ans, a été condamné en février dernier à quatre ans d'emprisonnement : trois ans pour insulte à l'islam et un an pour diffamation envers le président Hosni Moubarak. Le tribunal d'Alexandrie a confirmé la sentence le 12 mars.
Cette décision est perçue par les groupes de défense des droits civiques régionaux et internationaux comme une tentative de réduire au silence la bourgeonnante communauté des bloggueurs égyptiens, qui se compte en milliers. Alors qu'ils sont peu nombreux à parler de politique, certains ont récemment évoqué des cas de torture présumée de la part des services de sécurité égyptiens.
Abdel Karim Suleiman, qui blogue sous le nom de Karim Amer, fait partie des cinq défenseurs de la liberté d'expression récompensés par Index on Censorship le 14 mars à Londres. Ces prix sont remis chaque année aux personnes qui osent exprimer leurs opinions dans un climat qui dissuaderait la plupart de s'adonner à la moindre dissidence. Suleiman a reçu le prix Index/Hugo du jeune journaliste de l'année 2007.