26 Juillet 2007
 
Liberté de la Presse:
Abbou est libre

Mohammed Maherzi Abbou, avocat et militant des droits de l'homme tunisien, a été libéré le 24 juillet 2007 après deux années et demie derrière les barreaux.

Abbou a été condamné le 29 avril 2005 à trois ans et six mois de prison pour ses écrits et ses prises de position. Sa libération serait due à l'intervention du président français, Nicolas Sarkozy, qui a soulevé la question durant sa récente visite officielle en Tunisie.

Abbou a été emprisonné le 1er mars 2005. Il semble que les accusations dont il devait répondre étaient liées à un article publié en août 2004 qui comparait la torture dont sont victimes les prisonniers politiques de Tunisie aux abus que les soldats américains ont commis contre les détenus de la prison d'Abu Graib.  Il est toutefois plus probable que l'emprisonnement d'Abbou soit lié à un écrit plus récent. En fait, la veille de son arrestation, il a publié sur le site web tunisien www.tunisnews.net un article critiquant le président Zine el-Abidine Ben Ali pour avoir invité le Premier ministre israélien Ariel Sharon à participer à une conférence mondiale qui s'est tenue en Tunisie en novembre. Dans l'article, Abbou faisait état d'allégations de corruption impliquant des membres de la famille des deux dirigeants, sujet considéré comme tabou en Tunisie.

Abbou a été incarcéré suite aux chefs d'inculpation suivants : diffusion de fausses nouvelles, diffamation, incitation à des actes illégaux et de délit de presse. Il a été condamné le 29 avril 2005 à trois ans et six mois de prison. Deux années pour agression physique de l'un de ses collègues en juin 2002 et un an et six mois pour diffusion de fausses informations sur le site web Tunisnews en août 2004. Le 10 juin 2005, la cour d'appel a confirmé la peine de trois ans et six mois.

Pour protester contre son incarcération, Abbou a entamé une grève de la faim à plusieurs reprises et s'est agrafé les lèvres durant trois jours.