24 Avril 2007
 
Liberté de la Presse:
3 mai, Journée Mondiale de la Liberté de la Presse : Publier ou non ? Le dilemme posé par la divulgation des secrets d’Etat

La décision de publier des secrets d'Etat n'est jamais facile, mais elle est devenue encore plus difficile depuis les attentats du 11 septembre, a déclaré Bill Keller, Rédacteur en Chef du New York Times, dans un entretien exclusif accordé à l'Association Mondiale des Journaux, qui est proposé aux journaux du monde entier pour publication le 3 mai - Journée Mondiale de la Liberté de la Presse.

"Depuis le 11 septembre, les choix ont été rendus plus compliqués par le fait que l'ennemi est une entité plus trouble, que les lignes de combat ne sont pas clairement tracées, et que cette guerre se déroule en grande partie derrière le voile du secret - dans chaque camp", dit-il. "En outre, nous sommes plus souvent confrontés à des décisions qui semblent opposer la sécurité nationale aux libertés civiles. Dans un monde ou les informations sont hautement classifiées, il est parfois difficile d'apprécier les deux aspects de l'équation : la menace qui pèse sur la sécurité nationale et celle plane sur les libertés civiles".

L'interview de M. Keller fait partie d'un dossier se compoant d'articles, d'essais, d'infographies, d'annonces publicitaires et autres que les journaux sont encouragés à publier le 3 mai pour commémorer la Journée

Mondiale de la Liberté de la Presse. Le dossier « La presse sous surveillance » examine comment des mesures de sécurité sont utilisées pour réprimer le débat, les libertés individuelles et la liberté de la presse.

Vous pouvez accéder à ce dossier sur http://fr.worldpressfreedomday.org

Lorsque le New York Times a publié en juin 2006 un article sur la surveillance des transactions bancaires internationales mise en place par l'administration Bush, le quotidien a déclenché une controverse majeure, entraînant des accusations de "trahison" contre lui et l'introduction d'un projet de loi visant à pénaliser la divulgation non autorisée d'informations classifiées. En décembre 2005, le New York Times avait déjà provoqué la colère du gouvernement Bush en publiant un article sur les écoutes illégales opérées aux Etats-Unis par les service du renseignement (l'affaire NSA).

Dans les deux cas, l'administration Bush avait demandé au Times de ne pas publier les articles en question, en invoquant la sécurité nationale.

Selon M. Keller, qui explique les raisons qui peuvent justifier la publication de telles informations, l'Administration Bush est "plus secrète, et plus généralement hostile à la presse que toute autre Administration depuis le gouvernement Nixon".

" Le goût du secret de cette administration, du contrôle du message, s'est retourné contre elle", dit-il. "Il a contribué au déclin général de la crédibilité publique. Il a accru la difficulté d'atteindre un consensus national et international sur les mesures nécessaires pour lutter contre la menace réelle du terrorisme. Et il a, paradoxalement, amoindri la capacité de l'administration à garder les secrets".

Parmi les autres contributeurs du dossier de la Journée Mondiale de la Liberté de la Presse figurent Dinah PoKempner, Conseillère Générale de Human Rights Watch,  Agnes Callamard, Directrice exécutive d'Article 19,  David Banisar de Privacy International, Andrei Richter, Directeur de l'Institut de Moscou des Lois et des Politiques sur les Médias,  la journaliste chinoise Gao Yu, Seamus Dooley du Syndicat National des Journalistes qui est basé à Londres, et Raymond Louw du Forum des Editeurs Nationaux d'Afrique du Sud.

Ce dossier passe en revue les lois antiterroristes et les lois sur le secret d'état, la pénalisation des discours considérés comme une justification du terrorisme, la poursuite des journalistes au pénal pour divulgation d'informations classifiées, la surveillance des communications sans autorisation judiciaire, et les restrictions sur l'accès aux données gouvernementales.

Par ailleurs, ce dossier, qui est disponible en anglais, français, espagnol, allemand et russe, contient :

-  Des annonces publicitaires, produites par des agences mondiales de premier plan, ayant pour thème "la presse sous surveillance".

-  Des documents destinés à mobiliser les jeunes lecteurs, notamment des informations sur le journaliste chinois Shi Tao, lauréat de la Plume d'Or de l'AMJ, qui est en prison depuis novembre 2004 pour avoir distribué des informations sur les restrictions imposées à la presse chinoise. Ces documents comprennent une carte postale à envoyer aux autorités chinoises pour protester contre son emprisonnement.

-  Des infographies sur le nombre de journalistes tués et emprisonnés, et des dessins éditoriaux illustrant le thème de la liberté de la presse.

-  Un spot vidéo conçu pour la télévision ou les sites Web sera disponible à partir du 20 avril.

Vous trouverez l'ensemble de ces documents sur http://fr.worldpressfreedomday.org

L'AMJ, l'organisation mondiale de l'industrie de la presse, qui est basée à Paris, défend et promeut la liberté de la presse dans le monde entier. Elle représente 18 000 journaux et regroupe 76 associations nationales d'éditeurs, des journaux et des directeurs de journaux dans 102 pays, 12 agences de presse et dix organisations de presse régionales et internationales.

Pour toute question, contactez : Larry Kilman, Directeur de la Communication, AMJ, 7 rue Geoffroy St Hilaire, 75005 Paris France. Tel : +33 1 47 42 85 00. Fax : +33 1 47 42 49 48. Portable : +33 6 10 28 97 36. E-mail : lkilman@wan.asso.fr

 

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